• Je suis amoureuse de ses mots. Leurs saveur fruitées, leurs couleurs vives et granuleuses à la fois, comme sur ces vieilles photos défraîchies, leur goût parfois amer mais toujours juste. A travers ses mots je sens le soleil qui chauffe ma peau, ou bien la désillusion doucereuse d'une triste romance, ou bien le goût acidulé des baisers à la bière. A travers ses mots je me sens vivre. A travers ses mots je le sens loin. Mais encore et toujours, je reviens à Sébastien. Et je t'applaudis des deux mains, et je sent en toi le même douleur que la mienne. Tu as crée un monde, et qu'importe qu'il ne soit pas matériel, il existe et nous pouvons nous y promener. Et je m'y promenerai aussi longtemps qu'il existera, Sebastien, accrochée à ton bras, et cela sera bien réel.


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  • Oui, c'est vrai, je suis la première à l'avouer, j'exige énormément des gens qui m'entourent.

    Alors si vous ne pouvez pas donner tant, on ne fera probablement pas d'affaires ensemble.

    Ca n'est pas une critique, et je refuse qu'à mon égard c'en soit une aussi: c'est juste une histoire de compatibilité.

    Bonne année Bloggland!


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  • Je me suis perdue de vue (le premier qui fait un jeu de mot à base de Jacques Pradel se prend une mandale virtuelle, c'est sérieux ici bordel), je disais donc je me suis perdue de vue. En revanche si l'un de vous me retrouve, qu'il n'hésite pas à me rendre à moi-même. C'est si étrange, ma tête n'est pas si grande que mes idées s'y sont noyées, dans le précieux liquide céphalo-rachidien, dissoutes et dissolues elles serpentent à présent, vagues reliques de ce que je fût, ombres qui plane sur le reste, juste assez pour qu'on ne puisse les oublier (ce qui serait probablement la seule façon de les faire disparaître pour de bon) mais trop ethérées à présent pour être utilisées.

    Bien sûr, je l'ai cherché. On ne peut pas impunément jouer au savant fou avec quelque chose d'aussi sérieux et inutile que le contenu d'un être humain, le contenu immatériel bien sûr. J'ai voulu m'opérer, me mutiler, refaire les connexions dans d'autres sens pour aboutir à d'autres choses, j'ai pincé dans les forceps sans délicatesse mes valeurs les plus intimes afin de les plier à mon idée, j'ai injecté à grand coups de seringue hypodermiques des pensées étrangères dans les circonvolutions peu râgoutantes du cervelet, j'ai même taté du scalpel mes convictions et mon caractère afin de les retailler comme sur le modèle. "Bonjour je voudrais le cerveau de Kant", ai-je demandé à mon chirurgien en entrant d'un pas décidé dans le cabinet. Mais le chirurgien, qui n'était autre que moi-même habilement planqué sous un masque de papier - ce filou en a profité pour faire de moi sa créature, son cobaye, a qui il a infligé sa propre loi et ses envies furieuses. Je pense qu'il m'avait reconnue, malgré ma perruque et mes bottes de sept lieues. Néanmoins je suis dans de sales draps maintenant, tiraillée entre ce que je fût et ce que je faillis devenir, je ne suis plus rien, ou alors je ne le sais pas... Je suis anonyme à moi-même, n'est-ce point déroutant? Je suis bien punie d'avoir naïvement, dans ma folie, pensé que je pourrais devenir ce que je voulais être à la seule force de mon esprit, car j'ai tenté de changer l'or en plomb, c'est la victoire de la réalité sur la passion, et je me suis brulé les ailes de la raison à vouloir maîtriser et dominer mes sentiments, à l'utopiste. Désormais la folie douce qui m'irrigue s'empare du vide, car c'est bien un vide, lorsque l'être décide en son for intérieur de s'effacer, de s'estomper afin de ne plus se nuire. Finalement dois-je me désoler de n'avoir pas atteint mon affreux but? Car tout est bien plus doux et fragile à présent, comme je me débat dans l'incertitude molle de mes opinions, et il ne me reste qu'à éradiquer la conscience pour sombrer dans la béatitude la plus totale et ainsi échapper aux tourments de ce que je suis, et de ce que je veux être, qui ne sont pas la même personne. Alors j'aurai peut-être réussi. Alors, je pourrai recommencer à écrire ici, de façon plus limpide.

    Et même le style n'y pourra rien.


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  • Il est temps pour moi je crois de grandir, de cesser de craindre l'âge adulte, ou plutôt de cesser de craindre ma féminité.

    Je rêve de guépières transparentes et révélatrices, de talons aiguilles affutés, de jupes fendue jusqu'à l'interdit, mais je n'arrive pas à quitter le cocon réconfortant de mon baggy et mes baskets. Je veux bien vamper dans la pénombre de notre chambre à coucher, mais je ne peux me résoudre à sortir en pleine lumière vétue de féminité. Je collectionne dans ma penderie divers accessoires sexys et envoutants, mais ils prennent la poussière, et s'accumulent, désolés.

    Je ne me sens pas réellement capable d'assumer la féminité (je ne dis pas MA féminité d'ailleurs). Oui je peux me déguiser, oui je peux l'espace d'un soir me trémousser en robe légère, mais je tirerai dessus à chaque instant, contente de mon apparence mais honteuse d'attirer les regards, incapable de supporter le poids du désir que j'inspire. Le décalage entre ce que j'aimerais être et ce que je suis me semble infranchissable, alors que dans le fond tout ça n'est rien. Mais je me sens vieillir (pas beaucoup je vous l'accorde) et le temps arrive où il faudrait probablement que je cesse de me déguiser en adolescente, pour devenir enfin papillon. Malheureusement ma chrysalide est trop confortable, et je rechigne à en sortir.

    Je suis extremiste et je ne conçois pas un milieu banal: je me veux garçon manqué, baskets miniatures à mes petons et cache-oreille enfantin sur le crâne, couleurs gaies et maille moelleuse, ou alors je me rêve femme fatale, haute perchée et matières nobles. Evidemment cela recquiert une certaine souplesse, comme grand-écart. Mais Lurp me trouve tellement mignonnne, avec mes pyjamas dégingandés et ma frimousse nature, que j'ai peur de lui déplaire une fois grimée. Pourquoi grimée? C'est le coeur du problème. Mais quand je me regarde ainsi parée, je me sens ridicule et déplacée, alors rageusement j'enlève mes beaux atours et cours me réfugier dans mes vieux jeans. Et lui de me rassurer en me trouvant belle et désirable, en me promettant que je suis diablement sensuelle et non pas risible... Mais rien n'y fait, mon propre regard est trop cruel. Pourtant je le sais, je le veux, je veux être à la fois cette gamine innocente et d'une candeur attirante, et à la fois cette femme chic et sexe, au regard noir et aux lèvres ourlées, à l'attitude sûre et certaine, aux gestes raffinés et obsédants.

     Ne puis-je donc gérer sereinement l'image d'une femme épanouie et assumée? Ne puis-je accepter sans rougir et nier les compliments, sans devenir agressive à l'évocation d'une certaine part de joliesse chez moi? J'aimerais en être capable, sans pour autant le provoquer. J'aimerais être capable de croire quand on me dis "tu es belle", que c'est vrai.

    .


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  • Flemme. Enorme. Et soleil dans mes petits nyeux. Alors avec tout ça hein, c'est mort.

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